


> Les origines
La première mention historique de Firminy apparaît en 971 dans une charte de Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne et seigneur de la ville de Lyon, où sont énoncées les possessions reconnues à l’abbaye de l’Ile-Barbe. La mention exacte était Firminiaco.
Le suffixe «ac», fréquent dans la toponymie du centre de la France, désigne un lieu habité. «Firminiaco» signifie étymologiquement «lieu de Firmin». On peut penser que Firmin était un riche propriétaire qui possédait vers la fin de l’époque gallo-romaine, ou mérovingienne, une «villa», domaine agricole.
La charte de Conrad confirme aux moines de l’abbaye de Lyon la possession d’une «cella», groupe religieux rassemblé autour d’un édifice, vouée à saint Martin : «cella Sancti Martini de Firminiaco», dont on ignore l’emplacement exact, peut-être dans le quartier dénommé Saint-Martin, à l’ouest de la Place du Marché.
Au milieu de Xe siècle une église et un prieuré s’établirent grâce à la générosité des seigneurs voisins. Un texte de 1168 reconnaît Humbert prieur de Firminy. Et dès 1183, on trouve dans les archives, la trace d’une église dédiée à saint Pierre.
Dans les toutes dernières années du XIIIe siècle, la chapelle et le prieuré furent en grande partie détruits par un incendie. Les réparations donnèrent un nouvel éclat au sanctuaire qui se trouva embelli. De grandes fêtes eurent lieu et on dota notre ville d’un troisième patron dont le nom s’identifiait si parfaitement au sien, peut-être à l’instigation de Jean Bastet de Crussol, nouveau baron de Cornillon, sire d’Uzès où l’on vénérait un saint Firmin canonisé le 11 octobre de l’an 553. On a de bonnes raisons, pour trouver, dans cette nouvelle consécration de l’église restaurée, l’origine de la vogue des noix, qui se confond avec la fête des trois saints patrons de la paroisse : saint Pierre, saint Martin et saint Firmin.
Si le domaine était essentiellement agricole, on y exploitait aussi des carrières de grès, pierre employée à bâtir les châteaux de Cornillon et de Feugerolles, dont les assises existaient déjà au XIIe siècle. On y taillait aussi des "meules estimées". Une certaine prospérité devait exister dans la paroisse, traversée par la «Voie des Pélerins», qui conduisait de Lyon aux sanctuaires du Puy, du Languedoc et de Saint-Jacques-de Compostelle.
Pendant la guerre de Cent Ans, vers 1460, les Anglais séjournent au prieuré ; les routiers tard venus et autres bandes de mauvais aloi prélèvent un lourd tribut sur la population ; les seigneurs du voisinage, le comte du Forez lui-même, pillent l’abbaye. Pour se défendre, Firminy s’entoure de murailles de sept mètres de hauteur, percées de deux portes fortifiées, dont l’une subsistera jusqu’en 1967.
Au XVe siècle, l’église s’avérant trop exiguë, une autre est construite hors des murs, sur l’actuelle place du Marché. Elle sera démolie vers 1855, avant que l’édification de Saint-Firmin ne soit achevée.
 En 1507, des lettres patentes de Louis XII donnent à notre cité le titre de «ville» et y créent des marchés et des foires, témoignage de son activité commerciale. Cette activité se poursuivra au cours des siècles grâce à sa situation géographique, à la rencontre des portes d’accès au Velay, au Vivarais, au Forez.
Au cours du XVIIe siècle, la peste ravage à plusieurs reprises la région. Souvent à cette épidémie s’ajoutent de mauvaises conditions climatiques, qui entraînent des récoltes insuffisantes. Les hivers 1693 et 1694 connurent une disette sans précédent avec la mort du tiers de la population, jusqu’à huit décès par jour. L’an 1709 fut aussi une année particulièrement terrible.
Pendant la Révolution, Firminy devint chef-lieu de canton. Il le restera jusqu’en 1801, date à laquelle il est rattaché à celui du Chambon-Feugerolles jusqu’en 1900.
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> L'essor de l'industrie
Au début du XVIIe siècle, Claude de La Tour, seigneur de Varan, apporta l’artisanat du clou, qui allait prendre rapidement un large essor. L’exploitation des «charboutières», ou carrières de houille, qui existaient depuis le XVIe siècle, ne cesse de se développer. En 1765, elles sont parmi les plus importantes du Forez. En 1768, on estime à une centaine le nombre de mineurs à Firminy.
La houille fait naître la forge (où l’on fabrique des instruments aratoires comme des pelles et des faulx) , la quincaillerie, dès les XVe et XVIe siècles, la verrerie aux XVIIIe et XIXe siècles. On signale aussi des forgerons, des cloutiers.
L’exploitation des mines se fait dans des conditions anarchiques et dangereuses.
L’installation de François Félix Verdié en 1854 au Moulin de Philippon où l’on faisait des pelles, va marquer le véritable essor industriel de Firminy. En moins de trente ans, l’usine s’agrandira et occupera plusieurs milliers d’ouvriers.
Il est particulièrement important de souligner qu’entre 1854 et 1900 la ville connaît :
- sa véritable révolution industrielle, - son essor démographique, - la fin de la clouterie traditionnelle, - et la naissance de la grande industrie.
En effet, comme les chiffres de la population le prouvent, à partir de 1890, la ville se développe considérablement grâce à son industrie qui exige un nombre croissant de travailleurs :
- 1 075 habitants en 1796 , - 2 627 en 1820, - 5 374 en 1871, - 11 971 en 1876, - 15 771 en 1896, - 21 365 en 1937, chiffre supérieur à ce qu’il est aujourd’hui.
Remarquons la brusque poussée de 1859 à 1876 où la population a plus que doublé en vingt-cinq ans. C’est dans cette période que se place la création des Aciéries de Firminy.
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> Firminy au XXe siècle
Au cours du XXe siècle, la ville de Firminy aura été marquée par trois éléments :
1- Le brassage de la population
Si jusqu'à la Première Guerre Mondiale, l'importante augmentation de la population de la ville se fit grâce à l'apport massif des ruraux issus pour leur plus grande majorité des départements de la Haute-Loire et de l'Ardèche, il n'en sera plus de même à partir de 1920. Les mines et la métallurgie vont faire appel à la main d'œuvre étrangère: polonaise, italienne, espagnole et nord-africaine logée dans des cités ou des baraquements.
Malgré cet important apport étranger, la population de la ville n'augmente plus guère et stagne autour de 20000 habitants car on enregistre dans le pays une baisse de la natalité.
Après la Seconde Guerre mondiale, on notera l'arrivée de nouveaux immigrants : des Siciliens dans les années 1950, puis des Portugais, des Algériens et enfin, derniers arrivants, des Turcs.
Cependant la population de la ville a fortement décru et vieilli depuis les années 80, passant de plus de 25000 habitants à moins de 20000 actuellement.
2 - La restructuration industrielle
Si la dernière mine a disparu du territoire de la commune depuis 1918, Firminy comptait encore de nombreux mineurs pendant l'entre-deux-guerres, travaillant dans les puits des communes voisines (Monterrad au Chambon, Cambefort, Charles … à Roche-la-Molière). Les dernières "Gueules Noires" disparaîtront avec la fermeture du dernier puits en 1983 (Pigeot sur la commune de La Ricamarie).
La métallurgie, autre secteur important, connaîtra plusieurs restructurations : en 1954, les entreprises Holtzer (Unieux) et les AFY (Verdié), fusionnaient au sein de la CAFL. En 1970, la CAFL se fondait à son tour au sein de Creusot-Loire.
Désormais, lentement, la situation de l'entreprise se détériorera. L'effectif passe de plus de 7000 salariés en 1954 à 3800 en 1980. En 1983, le PDG de Creusot-Loire déclarait l'entreprise en cessation de paiement…
La métallurgie n'est cependant pas morte à Firminy puisqu'à ce jour subsistent quelques fleurons tels Clextral, Aubert et Duval ou encore Imphy Alloys, entreprises leaders dans leurs spécialités.
3 - La réurbanisation de la ville
Pendant la première moitié du XXè siècle, Firminy, ville prospère par ses industries et son commerce, est cependant frappée d'immobilisme en de nombreux domaines essentiels.
En matière d'installations sanitaires: le centre hospitalier date du siècle précédent et la dernière tentative de restructuration qui remonte à 1912, a échoué par suite de rivalités au sein du conseil municipal. Il n'existe pas de maternité. La ville, avec plus de 20000 habitants ne compte aucun lycée, obligeant les jeunes Appelous à fréquenter les établissements stéphanois. L'alimentation en eau date de la fin du XIXè siècle. La ville, de plus, connaît une sévère crise du logement : les appartements y sont rares et trop souvent insalubres, surtout dans les quartiers Saint-Pierre et du Bas-Mas.
En 1953, Eugène Claudius-Petit est élu maire. Firminy va connaître une période d’urbanisation intense. Ancien ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme il va, pendant près de vingt ans, faire de Firminy, un chantier permanent de construction. Parmi ces réalisations, on peut citer une nouvelle adduction d'eau et la construction du barrage sur la Semène, un nouvel hôpital et une maternité, deux lycées, les premiers gymnases, un nouvel abattoir. La ville sera remodelée et naîtra le nouveau quartier de Firminy-Vert. L' amitié de Claudius-Petit avec l'architecte Le Corbusier amènera ce dernier à dresser les plans d'une unité d'habitation, d'une Maison de la Culture, d'un stade et d'une église.
En 1971, Théo Vial-Massat lui succèdera. Ancien résistant, consensuel et très populaire, il poursuivra la réhabilitation de l'Ilot Saint-Pierre mais, signe des temps, il abandonnera l'architecture des tours et des barres pour revenir à une conception plus classique de la construction. La période des "Trente Glorieuses" s'achève, la récession s'annonce et les années 80 voient la fin des grands chantiers à travers la ville…
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> Pour en savoir plus
Petite bibliographie non exhaustive :
- Firminy (1814-1914), Jean Vigouroux, édité par l'auteur, 1994.
- Firminy (1919-1992), Jean Vigouroux, édité par l'auteur, 1995.
- C'était hier dans l'Ondaine – Premier recueil, Jean Vigouroux, Editions de la Société d'Histoire de Firminy, 2003.
- C'était hier dans l'Ondaine – Second recueil, Jean Vigouroux, Editions de la Société d'Histoire de Firminy, 2003.
- C'était hier dans l'Ondaine – Troisième recueil, Jean Vigouroux, Editions de la Société d'Histoire de Firminy, 2003.
- C'était hier dans l'Ondaine – Quatrième recueil, Jean Vigouroux, Editions de la Société d'Histoire de Firminy, 2003.
- Firminy : démographie et société du XVIIè siècle à nos jours, Jean Vigouroux
- Carnet d'un folkloriste (1910-1953), Fascicule III : Chroniques Historiées de Firminy et de sa région, Albert Boissier, Edition du Musée de Saint Didier en Velay, 1995
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